Pour le début de cette aventure, de mon journal de grossesse, je vous invite à regarder mes autres articles sur le sujet: Journal de Grossesse

Et voilà, nous débutons le second trimestre tant attendu! Avec lui s’envole le risque important de fausse couche! Et avec lui arrive la promesse de voir les nausées et la fatigue s’estomper! Je sens qu’effectivement je regagne un petit peu d’énergie, mon estomac se porte mieux. Comme lors de mes précédentes grossesses, c’est encourageant!

Douleurs persistantes au second trimestre? Remboursé!!!

Je ressens cependant quelques douleurs dans le bas ventre, régulièrement. Moi qui ai eu la chance de ne connaitre les contractions que le jour J, je suis surprise de ressentir des petites douleurs (qui semblent y ressembler) aussi tôt dans la grossesse… Mais comme elles sont venues graduellement, je n’y ai pas porté plus d’attention, dans un premier temps… Et puis j’ai commencé à ne plus supporter les dos d’âne, ou autres ralentisseurs, obligée de me tenir le ventre pour les passer, afin d’atténuer la « gène » ressentie… En parallèle les nausées sont revenues, (Quoi??? ah non elles partent normalement avec le 2ème trimestre pour moi! Remboursé!!!!) et enfin il m’arrive de ne plus pouvoir respirer, quelques secondes… Ce n’est pas vraiment comme cela que j’imagine mon second trimestre… Qui est synonyme pour moi de période de grâce! Adieu les petits maux de la grossesse, bonjour le retour de forme! Là, ce n’est plus vraiment le cas… J’ai eu les prémisses, les promesses, qui n’ont duré que quelques jours. Là, j’ai un peu le sentiment d’un retour en arrière, un peu plus corsé!

Quelque chose cloche…

Jusqu’à ce mardi soir où les douleurs sont devenus si intenses, gênantes, que j’en pleure le soir. Elles me réveillent la nuit au moindre mouvement. Je n’y tiens plus et je décide de consulter chez SOS médecin vu que les horaires d’ouverture de mon médecin traitant sont passées. Comme je m’y attendais, il constate évidemment que la palpation de l’abdomen est très douloureuse, mais en déduit, à cause de la grossesse, un transit trop paresseux. Il me prescrit donc ce qu’il faut pour me soulager. Sauf que cela ne me soulage pas du tout. Au point que le mercredi matin je n’arrive pas à me lever pour me préparer et aller travailler. Je décide de prendre RDV avec mon médecin traitant.

C’est son remplaçant qui me reçoit. Je lui explique le diagnostic de son confrère, que les laxatifs et lavements n’ont en rien soulagé mes douleurs. Il constate que ma douleur est surtout localisée près de l’aine. Il reste, lui aussi, sur l’avis d’un problème de transit. Mais vu mon épuisement, mes douleurs (ma tête ?), il me prescrit une analyse d’urine ainsi qu’une prise de sang. Et une ordonnance pour une échographie de la « fosse iliaque droite ». Il me précise bien qu’il est inutile de prendre RDV pour l’échographie, que ce n’est qu’en cas où la prise de sang révélerait quelque chose, mais ne pense pas que ce sera le cas. Il évoque vaguement la possibilité d’une occlusion intestinale ou d’une crise d’appendicite. Mais comme rien ne correspond à la palpation, il n’y croit absolument pas: mon ventre n’est pas dur, ma douleur est plus basse que la normale…

Je ressors donc avec des analyses, que je fais immédiatement. Mais mon instinct me dit que ce n’est pas mon transit. J’ai beaucoup trop mal, c’est autre chose. Je prends donc les devants et appelle pas moins de 12 centres de radiologie pour prendre RDV pour l’échographie. Et à chaque fois on me répond que le 1er créneau d’urgence disponible est pour dans 15 jours! Il est clair que je ne pourrais pas attendre avec ces douleurs aussi longtemps, c’est inimaginable! J’en pleure rien que de l’imaginer… Le laboratoire d’analyse m’informe que je recevrai les résultats lorsqu’ils seront complet, soit dans 24-48h, à cause de l’analyse d’urine. Je dois faire une tête qui traduit que je ne pourrais pas endurer 24h de plus ces douleurs car la laborantine me précise que je peux appeler dans l’après-midi pour avoir les premiers résultats, ceux de la prise de sang.

Je rentre chez moi et essaye de dormir pour rattraper ces dernières nuits chaotiques où je ne dors pas à cause des douleurs. Et aussi pour espérer faire passer le temps plus vite, en attendant de pouvoir appeler pour les résultats de la prise de sang. PèreCredi commence à sérieusement s’inquiéter de me voir souffrir ainsi et me répète depuis la veille d’aller aux urgences. Ce que je refuse car je n’ai pas envie de les encombrer, de passer 3h d’attente pour m’entendre dire de nouveau que mon transit est juste fainéant, et que cela va passer…

Verdict : Je connais mon corps!

16h, l’heure de vérité 🙂 J’appelle le laboratoire qui transfère mon appel au biologiste. Avec le recul je m’aperçois que c’est à partir de ce moment là, cet échange avec le biologiste, que la situation s’est débloquée. Il me confirme que les résultats de la prise de sang ne sont pas extraordinaires. Les marqueurs indiquent une inflammation en cours, tel qu’une angine par exemple… Ok, ce n’est pas vraiment à la gorge que j’ai mal ! Et puis il me pose cette question anodine mais qui va tout faire basculer pour moi, et la prise en charge de ma douleur: « Qu’est ce que votre médecin suspecte? » Je lui répète la rapide évocation, sans conviction, d’une occlusion intestinale ou d’une appendicite. Son ton change et il me répond qu’effectivement tous les signes biologiques de l’analyse sont en faveur d’une appendicite et il me recommande vivement de me rendre aux urgences pour faire une échographie. Il me communique les résultats à mentionner aux urgences pour les aiguiller dans leur diagnostic : CRP a 68 et polynucléaires neutrophiles a 18350. Pour moi c’est du charabia mais je prends note!

Arrivée aux urgences, le 1er interne que je rencontre constate effectivement mes vives douleurs, mais rien de caractéristique. Je lui transmets les résultats du laboratoire et cela l’intrigue. Il me dit alors qu’une appendicite chez une femme enceinte, c’est rare, et que de toute façon je ne pourrais pas être opérée, ce serait une antibiothérapie. Il reste donc septique. Et lorsqu’il termine de m’examiner il constate que j’ai également très mal lorsqu’il enlève la main qui fait pression sur mon ventre: « Vous avec une douleur au rebond? » (douleur aussi vive à la pression que lorsqu’il retire la pression). Selon lui, CA, c’est un signe d’auscultation caractéristique. Le premier 😀 Avec les résultats d’analyse, cela commence à faire un certains nombres d’éléments en faveur. Il décide donc de me faire faire une échographie…

Il est 20h quand j’arrive dans le service de radiologie. Le radiologue passe dans un premier temps en revue tout ce qui est censé aller bien. Je m’en étonne, lui rappelant que c’est une suspicion d’appendicite. Mais il m’explique que, pour ne passer à côté de rien, il vérifie tout l’abdomen, en terminant par ce qui est suspecté. Quand il arrive enfin à la recherche de mon appendice il s’exclame: « Ah ben elle est cognée celle-là. C’est bien une belle appendicite madame! ». J’en pleure presque de joie, de savoir que je ne suis pas folle, que quelque chose cloche effectivement, et que ENFIN je peux mettre un nom dessus (et l’espoir qu’à la clé la douleur s’en aille!)

Le choix… ou pas!

A partir de ce moment là, tout s’enchaîne. L’interne en chirurgie arrive dès mon retour en salle d’attente et m’explique que je dois être opérée. Je suis un peu apeurée, réalisant que cela n’est pas vraiment compatible avec une grossesse. Je lui demande donc si une antibiothérapie, tel qu’évoqué par le jeune interne, n’est pas possible à la place. Il me regarde un peu amusé, me répond que ce stade est largement dépassé, et que la seule solution reste la chirurgie. Je suis inquiète pour ma Cacahuète, je ne veux pas mettre en danger mon bébé. Il a alors cette parole forte mais nécessaire:

« Il y a 2 possibilités: Prendre le risque de perdre votre bébé en vous opérant ou la garantie de vous perdre tous les 2 si on ne vous opère pas »

Vu comme cela, ok on y va!

Il m’explique qu’avec ma grossesse, la chirurgie par cœlioscopie est impossible. Ce sera donc une chirurgie classique, avec incision.

(Entre temps mon médecin a lui aussi reçu les résultats et a essayé de me joindre, inquiet. Il avait compris que j’étais bien en train de faire une crise d’appendicite et me demande de me rendre immédiatement aux urgences!)

Enceinte et opération chirurgicale

Dans ma naïveté et ma petite tête, je rassure mon mari, qui me demande quand est ce que je vais être opérée. Vu l’heure (il est plus de 21h) je lui dis que ce sera surement pour demain matin. Mais à peine ai-je raccroché, que l’on vient me chercher: On me pose un cathéter, me met sur un brancard, me propose la magnifique blouse d’hôpital…

Je demande alors quel est la suite? L’infirmière me répond amusée: « On vous prépare pour l’opération ». Devant ma surprise elle me répond que je suis l’urgence du moment. A moins qu’une personne ne soit admise en urgence vitale immédiate, je suis l’urgence vitale! Je n’avais pas réalisé cela… Je commence à paniquer quand j’arrive dans la partie pré-opératoire. Je n’ai pas encore rencontré l’anesthésiste!

Je répète, à qui veut l’entendre, que je suis enceinte et que je m’inquiète pour mon bébé, l’opération, l’anesthésie… Seule, à l’hôpital, allongée, en train d’être préparée pour l’opération, je commence à réaliser et à avoir peur. L’anesthésiste arrive, m’explique qu’il prend bien en considération ma grossesse. J’apprécie énormément son attitude, ses explications. Il ne cherche pas à me rassurer à tout prix, mais est factuel. Oui, être opérée enceinte, ce n’est pas à souhaiter. Mais si il existe un « bon » moment pour cela, je suis dans le créneau. Le premier trimestre, avec le risque élevé de fausse couche, est passé. Et au 4ème mois, bébé est suffisamment petit pour permettre au chirurgien de travailler sans risquer de le toucher. Il m’explique que le plus gros risque de l’opération n’est pas la chirurgie en tant que tel, mais le produit anesthésique utilisé, qui peut provoquer un accouchement prématuré. Je lui demande de me préciser si ce risque est immédiat, ou si, même après l’opération, je risque d’accoucher plus tôt que prévu (6, 7 ou 8 mois?), en conséquence de cette opération? Il me rassure en m’expliquant que le risque est valable le temps que mon corps n’a pas évacué le produit anesthésique, soit 24h, car le produit injecté peut provoquer des contractions. En ressortant de l’hôpital je n’aurais plus d’épée de Damoclès au dessus de la tête de mon bébé et qu’une échographie de contrôle est d’ailleurs programmée pour le lendemain afin de vérifier que ma Cacahuète aura bien supporté l’opération.

Aussitôt l’anesthésiste passé, les infirmières ont terminées ma préparation, me parlant pour ne pas me laisser avec mes craintes. L’infirmière anesthésiste est venue et m’a proposé de faire une séance d’hypnose avec l’anesthésie. J’accepte volontiers, un peu curieuse et pensant que de toute façon une détente, une voix apaisante ne pouvait être que mieux pour m’accompagner dans les bras de Morphée médicamenteuse 🙂 Je dois choisir un endroit où je me sens bien, le visualiser. Elle m’interroge à ce sujet pour pouvoir m’en parler lors de l’hypnose. Pour avoir déjà fait cet exercice de visualisation, j’ai mon idée sur cet endroit sécuritaire. C’est un souvenir. Une petite plage des anses d’Arlet que nous avions visité avec PèreCredi lors d’un de nos voyages. Cette petite plage de sable chaud, sous les cocotiers, à voir l’eau turquoise, et ce petit monticule rocheux qui dépasse à peine de l’eau, où les poissons se rassemblent (super pour le snorkeling!) … En cas de besoin je me réfugie toujours là bas en pensée!

L’infirmière ne connait pas, alors je lui décris et sans m’en rendre compte, en papotant j’arrive au bloc, on me transfère sur le lit opératoire. J’ai froid. Très froid. On me place une couverture soufflante. L’infirmière me demande de fermer les yeux et commence à me faire voyager aux anses d’Arlet. La chaleur de la couverture rajoute à la voix de l’infirmière un élément sensoriel de plus pour tromper mon cerveau. Et je pars, sans me rendre compte de quoi que ce soit…

La suite très rapidement (j’ai scindé le résumé de cette 15ème semaine de grossesse en 2 car cette opération n’est pas un « petit » événement, j’ai beaucoup à dire sur le sujet ;))

Mère…Credi!

 

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