Pour le début de cette aventure, de mon journal de grossesse, je vous invite à regarder mes autres articles sur le sujet: Journal de Grossesse.

La première partie de cette 15ème semaine où je décris mes premiers symptômes, comment l’appendicite a été diagnostiquée et prise en charge, c’est par ici : Semaine 15 partie 1 : Enceinte et Opérée

Lorsque je me réveille, j’entends les infirmières me crier mon nom, « réveillez vous »… Je les entends mais je n’ai pas la force de leur dire que ce n’est pas la peine de crier autant, je les entends, je ne suis pas sourde! Mais aucun son ne sort de ma bouche. Il me faudra quelques secondes (ou minutes?) pour pouvoir enfin chuchoter un « oui »… Je suis complètement dans le gaz. Mais j’ai l’impression que l’on vient de me tirer d’un rêve très profond. J’étais aux Anses d’Arlet, sur le sable chaud et je me retrouve là dans cette salle de réveil, avec ces néons agressifs! Dur le réveil 🙂

Au bout d’un moment j’ai la force de tourner la tête pour regarder l’heure. Il est un peu plus de 2h du matin… Je pense immédiatement à PèreCredi, je sais qu’il s’inquiète. Je veux pouvoir le rassurer le plus vite possible, je demande aux infirmières de lui dire que je vais bien, qu’il ne soit pas inquiet. Le pauvre m’a raconté avoir veillé le plus tard possible, attendu cet appel dans la nuit, mais avait finalement succombé à Morphée… Sa nuit a donc été très courte, et hachée avec cet appel au milieu de la nuit pour le prévenir que j’étais réveillée!

J+1 post-op: Sous perfusion je me sens forte!

A mon réveil je suis toujours sous perfusion. Je me sens assez bien, soulagée que ce soit derrière moi. Ma première question est de savoir quand est ce que je pourrais rentrer chez moi. On me répond que ça dépendra de moi. Mais à ce moment là je me sens forte, je pousse le bouchon à demander si je pourrais repartir avec ma voiture car je ne veux pas la laisser sur le parking… J’ai compris après le sourire des infirmières 😀

L’interne en chirurgie, que j’avais croisé la veille m’annoncer la nécessité de m’opérer, est revenu me voir. Il m’a alors confié qu’il était grand temps que je sois opérée. Car malgré un certain nombre d’appendicectomie pratiqué, c’était la première fois qu’il voyait un appendice aussi gros, inflammé et entier! Nous ne sommes pas passer loin de la correctionnelle ma Cacachuète et moi!

On me retire la perfusion de paracétamol et me donne des antibiotiques pour 3 jours. On me propose un anti-douleur un peu plus fort que le paracétamol oral mais je juge que Cacahuète a eu sa dose de « trip » pour les 5 prochains mois, alors je préfère rester avec mon petit gramme de paracétamol toutes les 6h…

N’ayant ni vêtements, ni trousse de toilette, je reste avec ma magnifique blouse d’hôpital… Je ne pense pas à en demander à mon mari qui vient me voir pendant sa pause déjeuner. Je suis encore bien, sous les effets du paracétamol intra-veineux. Je n’en vois pas le besoin car, vu comme je sens, je vais bientôt sortir non? C’est pour aujourd’hui?

A peine ai-je fini de déjeuner avec mon mari que l’on vient me chercher: J’ai RDV avec Cacahuète, pour une échographie de contrôle! Un petit tour aux urgences de la maternité attenantes permet de rassurer tout le monde. Cacahuète se porte comme un charme, un petit coeur qui galope comme il faut (que ce son est doux aux oreilles!), un bébé qui gesticule, un placenta sans aucune trace d’un quelconque hématome. Tout est au vert du côté de mon bébé!

Ma sortie peut donc être envisagée dès le lendemain si je le souhaite. Car il faut tout de même attendre les 24h post opératoire pour envisager une sortie. Et comme j’ai été opérée dans la soirée du mercredi, je ne pourrais sortir qu’à partir du vendredi matin.

J’attaque donc ma 2ème nuit à l’hôpital… Le temps, l’isolement, le manque des miens commencent doucement à me peser…

J+2, le moral dans les chaussettes…

Nous sommes vendredi matin. les effets du paracétamol intra-veineux sont loin, les chairs se réveillent, mon chez moi, mes enfants, mon mari me manquent. Je me sens mal. Mes parents habitent à plus d’1h30 de route. Mais depuis les premiers symptômes, ils étaient prêts à prendre la route pour être auprès de moi, m’aider, être là pour moi.

Moi, ma fierté, mon orgueil et ma volonté de m’en sortir seule coûte que coûte, nous les avons toujours remercié, déclinant leur proposition. A quoi bon qu’ils viennent s’embêter dans cette chambre d’hôpital avec moi? Après tout le pire est évité, tout va bien? Alors à quoi bon les embêter?

Sauf que ce vendredi matin, mon moral s’est fait la malle (ils l’ont retiré avec la perfusion?), je me sens petite, faible, fragile. J’ai besoin de mon papa et de ma maman. Dans un moment de faiblesse je les appelle pour accepter leur aide. Oui j’ai besoin d’eux! Non ça ne va pas. Sauf que la météo a décidé de se mêler du jeu. Cette semaine nous avons une grande vague de froid. Il a même neigé ici à Caen. Et chez mes parents la situation est pire encore, toutes les routes sont verglacées! Il leur est impossible de prendre la route en toute sécurité! Je ne suis même pas sure qu’il puisse passer le carrefour près de chez eux! Alors 1h30 de nationale, on y pense même pas! C’est la mort dans l’âme que mes parents sont obligés de ne pas répondre immédiatement à l’appel…

Une infirmière du service passe me voir lors de sa tournée habituelle et constate que mon moral n’est pas le même. Elle me secoue les puces: « vous êtes encore assise dans votre lit! Il faut bouger madame, allez marcher, mobilisez vous. Ca vous fera du bien! ». Bref elle n’est pas « tendre » avec moi, mais ce qu’elle dit est vrai. Je commençais à me lamenter, à me morfondre et m’écrouler dans mon lit. Je me trouvais des excuses pour ne pas bouger : pas de vêtements, pas de chaussons, je ne vais quand même pas déambuler dans le couloir en blouse d’hôpital au décolleté dorsal si ravageur?? Mais elle a raison, il faut que je sorte de ce lit. Comment je ferais à la maison pour monter dans ma chambre? Pour aller manger à table avec tout le monde. Je commence à me ressaisir, j’essaye de me lever seule. Ok je ne vais pas loin, juste au toilette ou près de la fenêtre, mais c’est mieux que rien, non?

Mon médecin passe accompagné de ses élèves étudiants. Elle m’explique mes ordonnances, les soins post opératoires à faire réaliser par une infirmière à domicile pour les jours à venir jusqu’au retrait des points. Une belle liasse de papier avec un « c’est bon, vous pouvez rentrer chez vous madame, tout est ok! »

Ok? Vraiment? Je panique un peu mais j’ai en même temps hâte de retourner chez moi! Je préviens mon mari qui viendra me chercher pendant sa pause déjeuner… Car là je n’envisage plus du tout de conduire 😀 Marcher, monter et descendre de la voiture, c’est déjà tout un exploit! Alors conduire!!! Quelle idée !

Home Sweet Home et explications aux enfants de l’appendicite

Le retour à la maison se passe bien. Je ne suis pas encore en mesure de monter 2 à 2 les marches, mais je retrouve mes habitudes, mon confort. Et ça change tout pour mon moral. Sans parler de retrouver mes enfants le soir! PèreCredi leur avait expliqué que j’étais à l’hôpital car j’avais eu mal au ventre. Ils m’ont posé tout un tas de question, voulaient voir mon « bobo ». Dans notre démarche d’éducation bienveillance nous ne leur avons rien caché, expliqué la vérité avec les « vrais » mots, de façon à ce qu’ils puissent comprendre du haut de leurs 5 et 3 ans… Un petit morceau dans le ventre de maman s’est infecté (« pourri » comme dit mon fils ^^) et il a fallu que le chirurgien le retire pour guérir maman. Pour le retirer, il a fallu faire un trou, mais pour ne pas avoir mal, le docteur a donné un produit qui a fait dormir maman. Maintenant il faut que le bobo guérisse et cicatrise et maman a un gros pansement pour le protéger 😉

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Les enfants sont très précautionneux avec moi, ma cicatrice. Ils sont curieux, me demandent régulièrement à la voir, toucher quand cela est possible (j’accède à leurs demandes volontiers, mais quand nous sommes dans un magasin, ou à la crèche, je leur explique les limites de ce qui m’est acceptable :D)

Un mot de conclusion: Merci à l’équipe du bloc des Urgences

Je peux parler positivement de cet épisode « appendicite » de ma grossesse car tout s’est bien passé mais aussi parce que les personnes qui m’ont pris en charge ont été humaines, professionnelles. J’ai apprécié que toute l’équipe du bloc des Urgences du CHU de Caen prenne aussi bien en considération ma situation, mes craintes, mes interrogations. Et surtout n’est pas cherché à me rassurer à tout prix. Le personnel est resté factuel, en m’expliquant que l’opération était la seule option raisonnable, m’ont expliqué les risques réels et ce qui était mis en oeuvre pour les maîtriser et les contrôler. Sous le coup de l’émotion, et ensuite dans le brouillard du réveil, je n’ai pas pu les remercier comme je le voulais. Je leur ai donc écrit quelques semaines plus tard pour le leur dire. Nous savons souvent critiquer ou dire quand cela ne va pas. J’aime l’idée qu’il est bon et appréciable de souligner quand les gens nous ont aidé… L’infirmière anesthésiste m’a emmené aux Anses d’Arlet lors de la séance d’hypnose mais elle ne connaissait pas l’endroit. Il me semblait naturel de lui montrer en image là où elle m’avait emmené pour remercier toute l’équipe du bloc des Urgences du CHU de Caen…

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Mère…Credi!

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